Mur de soutènement et restanques : stabiliser un terrain en pente
Un mur de soutènement retient de la terre, un mur de clôture n'en retient pas : ce n'est ni le même ouvrage, ni la même fondation, ni le même prix. Sur les pentes de la côte varoise, restanques en pierre sèche et murs en agglos à bancher se partagent le travail. Voici comment on les conçoit, et ce que les règlements disent de la clôture posée dessus.

Soutènement, restanque, mur-bahut : trois ouvrages, trois logiques
Un mur-bahut porte une clôture ; il ne retient rien, et sa fondation se dimensionne pour son propre poids et pour la prise au vent de ce qu'il porte. Un mur de soutènement retient la terre d'un côté : il reçoit en permanence la poussée des terres et, après chaque pluie, celle de l'eau qui s'y accumule. Une restanque est le soutènement traditionnel des collines varoises : un mur en pierre sèche, sans mortier, qui tient par son poids et par son fruit, cette face légèrement inclinée vers la terre, et qui laisse l'eau passer entre les pierres.
Ces trois ouvrages se ressemblent une fois enduits ou végétalisés, mais ils ne se calculent pas pareil. Le piège classique, c'est le muret de clôture monté en agglos creux sur une semelle légère, derrière lequel on remblaie ensuite 60 cm de terre pour faire une terrasse : au bout de quelques hivers, il penche. Il n'a jamais été conçu pour retenir.
Le mur-bahut sous une clôture est décrit sur la page muret et maçonnerie ; cet article traite de ce qui retient la terre, de l'eau à évacuer, de la pierre sèche existante et de la clôture admise au-dessus.
Que doit encaisser un mur de soutènement ?
La terre derrière un mur pousse, et elle pousse d'autant plus qu'elle est haute, qu'elle est gorgée d'eau et qu'elle porte une charge : une terrasse, une allée où l'on gare une voiture, une piscine, la voie publique. Le mur répond par son poids, par son ancrage dans la semelle et par son ferraillage. Un mur de soutènement n'est donc pas un mur de clôture monté plus haut : sa semelle est plus large, souvent débordante côté terre pour que le poids du remblai le stabilise, et ses armatures verticales sont dimensionnées pour la hauteur retenue.
Jusqu'à une hauteur modeste, sans charge au-dessus et sur un sol sain, les règles de l'art et notre expérience suffisent. Au-delà, ou dès qu'une charge s'ajoute, voie, bâtiment, piscine, forte pente au-dessus, le dimensionnement relève d'un bureau d'études, et nous le disons dès la visite.
À la visite, nous regardons la hauteur de terre à retenir, ce qu'il y a au-dessus et au-dessous, où va l'eau par temps de pluie, la nature du sol (terre, remblai, rocher) et l'accès pour les engins. C'est de là que sortent la section du mur, le drainage et le terrassement, décrit dans notre article sur le terrassement d'un jardin.
Agglos à bancher : le mur qui retient la terre
Pour un mur de soutènement maçonné, nous montons des agglos à bancher : des blocs creux à emboîter qui servent de coffrage perdu. On pose les rangs à sec sur la semelle, on glisse les aciers verticaux dans les alvéoles, en liaison avec ceux laissés en attente dans la fondation, on ajoute les aciers horizontaux, puis on remplit l'ensemble de béton. Le résultat est un voile de béton armé continu, et non un empilement de blocs liés au mortier : c'est ce qui lui permet de retenir.
Sur la page muret, le mur-bahut en agglos à bancher, enduit sur ses deux faces, démarre à 367 €/m² TTC (334 € HT), contre 242 €/m² TTC (220 € HT) en agglos creux. Un mur de soutènement, lui, se chiffre à la visite : sa semelle, son ferraillage, son drainage et le remblai à l'arrière dépendent de la hauteur retenue et du terrain, et son enduit ne concerne en général que la face vue. Les étapes communes aux deux ouvrages, semelle, chaînages, raidisseurs, arase, sont détaillées dans mur de clôture en parpaings.
Deux détails qui comptent : un joint de dilatation à intervalles réguliers sur un mur long, et un chaînage en tête, l'arase, dans lequel on scellera les poteaux si une clôture doit venir au-dessus.
Drainage et barbacanes : pourquoi l'eau passe avant tout
La plupart des murs de soutènement qui tombent ne tombent pas à cause de la terre, mais de l'eau. Un remblai saturé pèse davantage et pousse davantage ; l'eau qui ne trouve pas de sortie finit par passer sous la semelle ou par faire basculer le mur. Trois dispositions, toujours ensemble.
- Les barbacanes : des ouvertures traversantes en pied de mur, régulièrement espacées, par lesquelles l'eau du remblai s'échappe côté vue. À Saint-Cyr-sur-Mer, le règlement les impose dans tout muret ; ailleurs, elles sont simplement indispensables sur un mur qui retient.
- Le drain : un tuyau perforé posé au pied du mur côté terre, enrobé de gravier et protégé par un géotextile, qui collecte l'eau et la conduit en pente vers un exutoire.
- Le remblai drainant : du gravier ou des cailloux contre la face arrière du mur, et non de la terre argileuse tassée au pied, pour que l'eau descende vers le drain au lieu de stagner.
S'y ajoute une protection de la face enterrée contre l'humidité.
Erreur fréquente : remblayer un mur neuf avec la terre du terrassement, bien tassée « pour que ça tienne ». C'est exactement ce qui retient l'eau contre le mur. Le gravier à l'arrière n'est pas une option.
Restanques en pierre sèche : conserver, restaurer, remonter
Les collines de Sanary, de La Cadière, d'Ollioules ou du Pradet sont découpées en restanques depuis des siècles. Ces murs en pierre sèche retiennent la terre des anciennes cultures et drainent naturellement : l'eau passe entre les pierres, il n'y a ni barbacane ni drain à prévoir. Leurs ennemis sont le temps, les racines et les sangliers qui fouillent le pied.
Presque tous les règlements de notre zone demandent de conserver ou de restaurer à l'identique les murs anciens en pierre. À Sanary-sur-Mer, le PLU admet explicitement, en zone agricole et naturelle, un muret en pierre sèche de 0,50 m au plus, surmonté ou non d'un grillage, dans la limite de 1,50 m au total ; La Cadière-d'Azur l'admet aussi. Nous montons et remontons ce type de mur. C'est un travail plus lent que l'agglo : chaque pierre est choisie, posée avec un fruit vers la terre, calée par l'arrière, et le mur est couronné de pierres plates. Il se chiffre à la visite, sur sa propre ligne.
Si une restanque a glissé, la question est de savoir si on la remonte en pierre sèche ou si on la remplace par un mur en agglos à bancher enduit. La réponse dépend du règlement de la zone, de la hauteur à retenir et de ce qu'il y a au-dessus : une terrasse de jardin se contente d'une restanque bien remontée, une piscine non.
Quelle clôture poser au-dessus d'un soutènement ?
Un mur de soutènement n'est pas une clôture, mais ce qu'on pose dessus en est une, et les règlements en tiennent compte. Voici ce que nous avons relevé en septembre 2026 ; le détail de chaque commune est sur règlement des clôtures dans le Var.
| Commune | Règle relevée |
|---|---|
| La Seyne-sur-Mer | Sur un soutènement dépassant 1 m au-dessus de la voie : clôture de 1,20 m au plus, sans aucune partie maçonnée ; 2 m en zone UB avec restanques acceptées |
| Hyères | Murs de soutènement de 1,50 m au plus, étagés, perpendiculaires à la pente ; soutènement, bahut et claire-voie : 2 m au total |
| Sanary-sur-Mer | Pierre sèche de 0,50 m admise en zones A et N, total 1,50 m ; 1,90 m en zone urbaine, muret compris |
| Saint-Cyr-sur-Mer | Barbacanes obligatoires dans tout muret ; 1,60 m sur voie |
| Toulon | 2 m, mesurés dans l'axe de la travée sur un terrain en pente |
| La Crau | La clôture doit suivre la pente ; 2 m |
Sur un soutènement en bordure de voie à La Seyne, on ne pose ni muret ni soubassement au-dessus : un grillage ou une claire-voie, directement. Et la hauteur totale se calcule avant de commander, muret, arase et panneau compris, selon la règle de mesure de la commune ; la pose en paliers ou le suivi de pente sont détaillés dans clôture sur terrain en pente. Un mur de soutènement seul est, en règle générale, dispensé de formalité d'urbanisme hors secteur protégé ; la clôture posée dessus suit le régime de la déclaration préalable de la commune.
Questions fréquentes
Quelle hauteur maximale pour un mur de soutènement ?
Le code de l'urbanisme n'en fixe pas, le PLU parfois : Hyères limite les murs de soutènement à 1,50 m, étagés et perpendiculaires à la pente. Techniquement, la hauteur se décide avec la charge au-dessus et le sol ; au-delà d'une hauteur modeste ou avec une charge, un bureau d'études dimensionne le mur.
Faut-il vraiment des barbacanes dans un mur de soutènement ?
Oui. Sans sortie, l'eau du remblai s'accumule, pèse et pousse, et c'est elle qui fait basculer les murs. Les barbacanes évacuent l'eau en pied, le drain la collecte côté terre et le remblai en gravier la laisse descendre. À Saint-Cyr-sur-Mer, le règlement les impose dans tout muret.
Peut-on poser un grillage sur une restanque en pierre sèche ?
Oui, là où le règlement le permet : à Sanary, en zones agricole et naturelle, pierre sèche de 0,50 m surmontée d'un grillage, 1,50 m au total. Les poteaux ne se scellent pas dans la pierre sèche : ils sont plantés derrière le mur, en pleine terre, ou dans un chaînage. Nous le voyons sur place.
Combien coûte un mur de soutènement ?
Sur devis, après la visite gratuite : semelle, ferraillage, drainage et remblai dépendent de la hauteur retenue et du terrain. Le repère public est le mur-bahut en agglos à bancher, enduit deux faces, dès 367 €/m² TTC (334 € HT) ; un soutènement a une fondation plus importante et un drainage que ce prix ne contient pas.
Lexique
- Mur de soutènement
- Mur qui retient un volume de terre d'un côté et reçoit en permanence la poussée des terres et de l'eau.
- Restanque
- Mur de soutènement traditionnel en pierre sèche, sans mortier, qui tient par son poids et son fruit et laisse l'eau passer entre les pierres.
- Agglo à bancher
- Bloc creux à emboîter, posé à sec puis rempli de béton autour d'armatures : il forme un voile de béton armé continu.
- Barbacane
- Ouverture traversante en pied de mur par laquelle l'eau du remblai s'échappe côté vue.
Article rédigé par Thomas SIMOES, gérant de SIMOES Entreprise, d'après la pratique de ses chantiers dans le Var. Publié le .






